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Le Chateau Hanté de Fourgeret

jeudi, 10 décembre 2015 09:30
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En 2009, Véronique et son mari François achètent un vieux château dans la vallée de la Vienne, pour le restaurer et y habiter avec leurs trois enfants. Très vite, de sensations « étranges » en expériences « bizarres », ils se demandent s’ils sont vraiment les seuls occupants de Fougeret…

Le château nous a plu immédiatement, émerveillés, même, se souvient Véronique, propriétaire des lieux avec son mari François. J’ai signé le compromis de vente sans hésiter, dès la première visite, et puis je l’ai rêvé pendant un an, le temps de trouver une banque qui veuille bien nous suivre. Nous ne sommes pas riches, François a dû hypothéquer sa ferme pour qu’on y arrive. Quand on a eu les clefs, il a fallu d’abord le nettoyer : il était inhabité depuis près de cinquante ans. J’y ai passé beaucoup de temps. Mais alors que j’aurais dû être folle de joie, je me sentais surtout triste et déçue. Il était toujours aussi beau, pourtant il y régnait une drôle d’ambiance. Sans oser me l’avouer, j’avais l’impression de ne pas être la bienvenue. Et d’être épiée, souvent.

 

C’est une grande bâtisse, remplie de bruits ; il m’a fallu quelques mois pour identifier la plupart d’entre eux, et pour admettre que certains étaient inexplicables. Des conversations lointaines, par exemple : je ne compte plus les fois où j’ai cru François et les enfants à l’étage alors qu’ils étaient partis ; et celles où j’ai pensé que des flâneurs s’étaient permis d’entrer, alors que j’étais seule. Ou encore des courants d’air, très froids, ressentis dans une pièce fermée un jour sans vent ; des odeurs de cuisine, alors que personne ne cuisine. Je n’osais en parler à personne. Je me suis dit que j’étais fatiguée, que je me racontais des histoires. J’ai commencé à me demander si nous pourrions un jour habiter ici, et à culpabiliser d’avoir embarqué toute ma famille dans cette impasse. En fait, je ne comprenais rien à ce que j’étais en train de vivre. Jusqu’à ce que François et les enfants commencent à raconter qu’eux aussi avaient des sensations bizarres. Ils entendaient et sentaient les mêmes choses que celles que j’avais entendues et senties. François, qui travaillait dans le parc, avait même la certitude d’être tout le temps accompagné d’une présence “virile et autoritaire”. Et, à deux reprises, alors qu’il était en train de couper un arbre, il l’a sentie très clairement lui taper sur l’épaule. C’est à ce moment-là que j’ai rencontré une journaliste pour une émission de télévision sur le patrimoine. Nous avons sympathisé. J’ai fini par lui avouer mon malaise, et elle m’a proposé de faire venir un médium, “pour mesurer”. Je suis cartésienne, historienne, je n’avais jamais eu affaire à cet univers. Un médium, et puis quoi encore ? Pour mesurer quoi ? J’en ai parlé à la famille. Nous avons décidé d’accepter, pour voir si ça nous aidait à comprendre ces choses étranges qui semblaient nous échapper.

 

Cohabiter avec les âmes errantes

C’est cette nuit-là que, selon moi, tout a basculé. Le médium est venu, accompagné de deux assistants. Au début, je les ai trouvés ridicules, avec leurs instruments de mesure (voir encadré) et leur façon de prendre tout ça très au sérieux. Et puis, au fil de la nuit, j’ai été bouleversée de constater que nous étions en train de vivre, ensemble, ce que je vivais seule depuis plusieurs mois. Les instruments se sont affolés, un peu partout dans le château. On a entendu des voix, identiques à celles que j’entendais ; des bruits de pas. On a senti ces présences, et même clairement vu et photographié la silhouette d’une femme dans l’escalier. Toutes les personnes présentes l’ont vue, pas seulement moi !

 

À partir de ce jour, j’ai compris que nous n’étions pas seuls ici, et que nous allions devoir cohabiter avec les âmes errantes des “gens de Fougeret”. J’ai fait des recherches : le château est posé sur deux sources, ce qui peut expliquer certains phénomènes magnétiques et géobiologiques. Mais surtout j’ai trouvé des événements, des noms, qui corroborent certains phénomènes que nous vivons. J’ai fait venir des spécialistes, d’autres médiums, et des gens qui s’intéressent au paranormal. J’ai vu débarquer des “chasseurs de fantômes” un peu illuminés, qui ont passé des nuits ici. J’ai pénétré dans un monde peuplé de gens plus ou moins crédibles qui s’interrogent sur ce que l’on ne sait pas, que l’on n’explique pas, sur ces entités qui, visiblement, existent un peu partout dans le monde depuis la nuit des temps.

 

Félix, Floridas, Alice et les autres

Ça va faire bientôt sept ans que nous avons “rencontré” Fougeret, et après l’avoir adoré, puis détesté, je le “re-aime” peu à peu. Il a complètement changé notre manière d’aborder la vie. Je connais un peu mieux son histoire, et certains de ses habitants aussi : Félix, râleur, mort en 1898, à 39 ans, qui veille sur moi ; Floridas, faible d’esprit né un peu avant Jeanne d’Arc, dépouillé par ses frères et soeurs ; Alice, mal mariée en 1924, et morte quelques mois plus tard, à 23 ans, d’une maladie des reins ; Louis, né en 1681, mauvais payeur, qui dut affronter vingt-huit procès en vingt-sept ans et qui finit par assassiner un huissier ici, dans une chambre du deuxième étage ; et puis cette petite fille dont on ne sait rien, que l’on entend trottiner et demander : “T’es qui ?”… Des familles pas très heureuses, toujours déchirées par des successions horribles ; des trahisons, des spoliations, des maladies, des suicides ; des gens qui meurent “mal”…

 

J’y ai vécu de beaux moments, des rencontres formidables, mais aussi de grandes peurs, de grandes colères, et même un drame : un jeune homme est venu se suicider dans le parc, il y a trois ans. Plusieurs fois, j’ai voulu tout arrêter, vendre, abandonner. Mais finalement, j’ai décidé de nous donner une chance. C’est une maison qui n’a jamais été très bien traitée jusqu’ici. Nous, nous la respectons pour ce qu’elle est, et nous tâchons de lui apporter un peu de paix. Je me sens mieux depuis que j’ai choisi de l’ouvrir aux visiteurs, de la partager au lieu de garder tout cela pour nous. Nous avons aménagé quelques chambres et nous organisons des conférences et des rencontres pour les personnes désireuses de vivre cette expérience. Mes enfants y tiennent une table d’hôtes. Nous n’y habitons toujours pas, mais je ne désespère pas qu’un jour… bientôt. »

 

“Je me suis ouvert à une vraie spiritualité”
François, 49 ans, mari de Véronique, agriculteur bio

« On n’avait pas les moyens d’acheter ce château, mais c’était irrésistible. Déraisonnable, comme tout ce qui a suivi ! Moi je suis un paysan, terre à terre. Avant, j’aurais ri de ceux qui me parlaient d’entités, de présences ressenties, de “bruits de vie” inexplicables… Et puis voilà, c’est ce que nous vivons. Ça ne me fait pas peur ; je peux même dire que ça m’intéresse et que ça me rend heureux. Que les “gens de Fougeret” existent à l’intérieur ou à l’extérieur de moi n’a pas d’importance. Ce qui compte, c’est la richesse extraordinaire de cette expérience. Ma propre famille a explosé à la mort de mes parents, et je pense que ce que je vis ici m’aide à réparer cette déchirure. Mon existence en a été changée, je me suis ouvert à une vraie spiritualité. Tous ces signes m’ont fait comprendre qu’il existe d’autres vies que la vie terrestre, même si elles dépassent la raison et l’entendement humain. Visiblement, cet endroit est un terreau fertile à ces phénomènes que nous ne comprenons pas. C’est touchant, et même bouleversant. »

 

“Je ne sais pas qui sont ces entités”

 

Mathilde, 24 ans, fille de Véronique et François, cuisinière

« J’ai tout de suite adoré ce château, et je m’y sens vraiment chez moi, surtout depuis que j’ai la chance de pouvoir y organiser des tables d’hôtes. Ce qui ne m’empêche pas d’avoir peur. Parfois très peur même. Ce que nous vivons ici n’a pas tellement changé ma façon de considérer la mort : je suis chrétienne, je crois en la vie éternelle. Mais ça m’a beaucoup appris sur les vivants, parce que Fougeret nous confronte sans arrêt aux autres. Je pense que les plus réfractaires, ceux qui nous traitent au mieux de naïfs, au pire de charlatans ou d’escrocs, sont ceux qui ont peur de ce qu’ils ne peuvent pas ou ne savent pas maîtriser. Je les comprends, mais je ne les rejoins pas. Autrefois, on mourait chez soi ; en sept siècles, beaucoup de gens ont rendu l’âme à Fougeret. Même si nous avons fi ni par les identifier un peu mieux, je ne sais pas exactement qui sont ces entités. Mais je crois qu’avec le temps elles m’ont adoptée. Et j’attends avec impatience le jour où je les aurai complètement adoptées à mon tour. »

 

Les impressions de notre journaliste
Instituts, « experts reconnus », « spécialistes internationaux », les « chercheurs » sont innombrables, mais qu’évaluer, de quelle manière, avec quelles mesures ? Depuis des siècles, voire des millénaires (Confucius conseillait déjà de ne pas craindre les esprits), les hommes recueillent des témoignages de phénomènes inexpliqués, en espérant pouvoir les comprendre un jour. À qui se fier ? Quoi en penser ? Je suis allée à Fougeret, intriguée, sans bien savoir ce que j’y trouverais. Au premier abord, le château m’a surtout paru un peu sauvage, au milieu de sa forêt de mauvaises herbes, et plutôt doux et accueillant. Je n’ai pas entendu de voix ni de portes qui claquent, pas senti d’odeurs ni de courants d’air inexpliqués. Mais à chaque fois que j’ai pénétré dans cette pièce que l’on appelle « la chambre de la petite fille », j’ai été immédiatement saisie d’un profond chagrin. Je ne sais toujours pas si je crois aux « fantômes », mais je crois qu’il existe des phénomènes encore inexpliqués, y compris dans cette maison chargée d’histoire(s), où j’aurais peur de passer une nuit. Et je crois en la sincérité de Véronique et de sa famille, dont Fougeret a visiblement bouleversé les existences.

 

Source : http://www.psychologies.com/

Journaliste : Valérie Péronnet

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